2030. La Route du Rhum se court en stand up paddle à foil... - Agence Codezero
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2030. La Route du Rhum se court en stand up paddle à foil…
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Novembre 2030. Kai Lenny remporte la route du Rhum sur un stand up paddle à foil. Juste après avoir gagné la Transpac 3.0 entre San Francisco et Hawaii avec la même planche. Il est arrivé le premier mais le temps n’est plus le mètre étalon.
Les temps ont changé. C’est sa capacité à utiliser la houle du large, sa capacité à exploiter l’énergie mais surtout à être en résonance avec l’océan sur lequel il est jugé. On parle efficience et non pas performance. Finn Spencer qu’on présentait comme le symbole du sport nautique de demain en 2018, arrive deuxième. Lui et Lenny sont supportés par la Fondation Parley for the Ocean. Sous leurs planches, des capteurs ont enregistré l’état de l’océan sur tout le parcours. Des universités enregistrent les données. Dans les écoles, on suit les participants tout en enseignant non pas la vitesse mais la vie et les grands équilibres. Un concurrent a heurté une baleine. Il a cassé sa planche mais le cétacé n’a rien senti. La course au large a changé, ses valeurs ont changé, ses sponsors ont changé…
Le prochain Vendée Globe aura lieu en 2020 mais pour l’heure les marins se préparent pour la Route du Rhum dont le départ aura lieu début Novembre. Plus cent vingt bateaux s’aligneront au départ, la foule est attendue, c’est une réussite. En 2016, l’agence Codezero écrit d’ailleurs : « En France, des générations successives de marins, d’architectes et de chantiers ont fait de la course au large une épopée humaine, technique et sportive extraordinaire. Ils ont imaginé des courses impossibles et inventé les bateaux qui les rendaient envisageables, puis les plus audacieux ont inversé le processus en construisant des bateaux qui abolissaient la seule notion de limite. »
La course au large nous passionne, nous interpelle, nous énerve parfois, nous force à réfléchir car son sens nous échappe de temps à autre. Son succès ne se dément pas mais il est assez inégal. Le Globe et le Rhum attirent les foules quand beaucoup d’autres courses passent inaperçues. Certains teams s’en sortent très bien, les sponsors sont nombreux parce que c’est investissement « raisonnable », mais trouver un budget reste un art difficile pour beaucoup de marins même réputés.
La course au large génère beaucoup d’innovation, les Français sont même des leaders en ce domaine. C’est fabuleux. L’innovation se diffuse peu vers le bas pour des raisons de coût mais le foil permet de réactualiser l’image de la voile. On remarquera tout de même que la voile compétitive n’a plus que la vitesse comme horizon et comme « récit ».
- Jusqu’à quand l’idée du tour du globe à fond les ballons, seul ou pas, sans s’arrêter, sans rien « voir », aura-t-elle un sens dans un monde où par ailleurs l’idée de ralentir commence à faire son chemin ?
- La question du record a été soulevée dans le sport, dans l’athlétisme notamment, mais les voileux n’aiment pas trop se poser de question. Chaque réussite nous étonne un peu plus (comment ne pas être admiratif de Peyron, Coville, Gabart et consorts…) mais jusqu’où. Sailrocket a tué la vitesse pure en tapant plus de 65 nds. Le siècle de la vitesse était le vingtième, la voile découvre l’ivresse de l’accélération un temps trop tard, nous avons déjà fait cette remarque.
Les trimarans géants et les monocoques Imoca sont les deux catégories de bateaux les plus visibles. Les budgets sont conséquents pour ne pas dire plus, l’heure est à la course en avant. Carbone, haute technologie et pied au plancher. Les derniers exploits de « Charal », dernier né des Imoca de 60 pieds, survolant le plan d’eau avec l’élégance d’un fer à repasser à réaction, a fait le tour des réseaux sociaux. Les valeurs de la voile ont changé, ce n’est pas forcément une critique mais un constat. Il y a de l’engagement, du risque et une certaine forme de violence. Pour ne pas tirer que sur le « large », les nouveaux catamarans légers à foils nous ramènent vers un spectacle proche du motocross. Les gamins sont ravis, il se passe enfin quelque chose, c’est positif. Les amoureux de voile se sont longtemps nourrit d’élégance et appréciaient la fluidité, mais le basculement est brutal. Certes les temps ont changé mais attention, c’est là où nous voulons en venir, la bulle que représente le haut niveau est parfois en rupture avec la pratique dont elle est issue et c’est souvent ce que les « élites » ne veulent pas voir. Pour ne pas taper que sur la voile, on observe ceci dans le rugby actuellement avec le dénie de la violence et des traumatismes qui provoque déjà un effet dans les clubs. On pourrait citer le motocross également avec des accidents en compétition (Ken Roczen aux USA pour donner un exemple) qui provoquent des traumatismes de plus en plus graves. Or la course au large est la partie visible de la voile pour le grand public. Pas sûr que l’hyper-performance comme unique message soit viable à long terme.
Dans un monde qui s’interroge de plus en plus, le débat sur le climat, le questionnement sur la quête de la croissance, on peut se poser la question du sens des choses. Le sport n’y échappera pas. La voile en particulier. Elle a beau faire appel à une énergie renouvelable, l’exercice n’a rien de vert. Composites, matériaux sophistiqués, tout est axé vers la sacro-sainte performance. Vous pourrez aussi compter le nombre de bateaux à moteur sur le plan d’eau du départ du Rhum…
Venons-en au fait et à ce titre. Demain, une certaine forme de minimalisme sera peut-être une vertu. Faire le tour du monde en 45 jours semblera peut-être stupide ou mieux, inutile. Le « grand large » sera peut-être celui qui est juste en face de chez vous. La communion avec les éléments sera peut-être beaucoup plus simple. Les perceptions changent. La voiture n’est plus ce qu’elle était dans les années 70, en ville, la trottinette redevient hype…. En moto, le néo-rétro remplace l’hyper performance qui ne parle plus qu’à une minorité.
Ce qui se passe dans le surf (considérons que le stand up paddle est une émanation surf, ce qui est presque le cas) est insensé. Ce qui s’est passé en l’espace de deux ans était inimaginable. Demain, après demain peut-être, le foil ouvrira des perspectives qu’on imaginait pas. Ce qui est étonnant dans ces images, c’est cette simplicité. L’homme devra apprendre à être plus furtif. A utiliser des jouets plus simples, plus efficients, qui impactent moins l’environnement. A ce titre cette vidéo est très symbolique.
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Le foil, technologie de rupture pour les sports de glisse aquatique
Le hydrofoil transforme radicalement la pratique du stand-up paddle en lui offrant une dimension aérienne inédite. Cette aile immergée sous la planche génère une portance suffisante pour soulever le pratiquant au-dessus de l'eau dès que la vitesse atteint un seuil critique. Le SUP foil réduit les frottements de 80% comparé à une planche traditionnelle, permettant des vitesses moyennes dépassant les 25 km/h avec un effort modéré.
Cette innovation technique rejoint l'évolution observée dans tous les sports de glisse depuis une décennie : recherche de performance, sensations amplifiées et réduction de l'empreinte énergétique. Le foil appliqué au windsurf, au kitesurf puis au SUP dessine une trajectoire claire vers des embarcations plus efficientes. Les industriels travaillent sur des matériaux composites alliant carbone et fibres végétales, réduisant le poids tout en maintenant la rigidité nécessaire aux contraintes mécaniques.
L'adoption progressive du foil dans les courses océaniques comme la Route du Rhum illustre cette quête permanente d'optimisation. Les multicaques volants dominent déjà la compétition, et l'extrapolation vers des formats plus accessibles comme le SUP foil s'inscrit dans une logique de démocratisation technologique. Cette dynamique d'innovation redéfinit les limites du possible en navigation légère.
Stand-up paddle : du loisir contemplatif à la discipline de performance
Le stand-up paddle a connu une mutation spectaculaire depuis son apparition grand public au début des années 2000. Initialement pratiqué comme activité de bien-être sur plans d'eau calmes, le SUP s'est progressivement structuré en discipline sportive avec ses circuits de compétition, ses athlètes professionnels et ses innovations matérielles constantes.
La version foil représente l'aboutissement de cette trajectoire. Elle exige une technique affinée, un sens de l'équilibre développé et une lecture fine des conditions maritimes. Les pratiquants doivent anticiper les variations de houle, ajuster leur position millimètre par millimètre et maîtriser l'angle d'incidence du foil. Cette complexité rapproche le SUP foil des disciplines traditionnelles de régate, créant une passerelle entre pratiques outdoor et sports de haute technicité.
L'imaginaire collectif autour du SUP évolue parallèlement. Longtemps associé à une pratique douce pour vacanciers, le support gagne ses lettres de noblesse auprès des navigateurs aguerris. Cette reconnaissance participe d'un mouvement plus large de redéfinition des frontières sportives, où l'accessibilité technique initiale n'empêche pas l'excellence en compétition. Une réflexion similaire anime notre vision du sport contemporain.
Route du Rhum 2030 : scénario prospectif et enjeux culturels
Projeter une Route du Rhum en stand-up paddle à foil en 2030 relève autant de l'exercice de style que de l'analyse des tendances actuelles. Cette hypothèse suppose une évolution majeure des règlements de course, une acceptation culturelle du support et des avancées technologiques substantielles en termes d'autonomie, de sécurité et d'assistance.
Les défis logistiques restent considérables : alimentation du navigateur sur plusieurs semaines, gestion du sommeil en position debout, résistance physique aux conditions atlantiques, systèmes de récupération après chute. Les innovations en matière d'équipements portables, de textiles techniques et de nutrition sportive devront converger pour rendre viable une traversée océanique de cette nature. L'expérience acquise sur les raids SUP longue distance en mer Méditerranée ou en Pacifique fournit des premiers enseignements exploitables.
Au-delà des aspects techniques, cette vision interroge notre rapport à la performance et au défi sportif. Elle s'inscrit dans une démarche de réduction des moyens pour amplifier le mérite, philosophie commune aux pratiques minimalistes du mouvement natural movement. L'agence Codezero accompagne ces mutations en analysant les signaux faibles et en anticipant les transformations culturelles du sport.
Questions fréquentes sur le SUP foil et les courses océaniques
Quelle est la vitesse maximale atteignable en SUP foil ?
Les meilleurs riders atteignent des pointes entre 35 et 40 km/h en conditions optimales de vent et de houle. La vitesse de croisière se situe généralement autour de 20-25 km/h, ce qui reste largement supérieur aux 8-12 km/h d'un SUP classique en pagayage soutenu. Ces performances dépendent fortement du profil du foil, du poids total de l'équipage et de la maîtrise technique du pratiquant.
Le SUP foil consomme-t-il plus d'énergie physique qu'un SUP classique ?
Paradoxalement, une fois la planche en vol, l'effort requis diminue sensiblement grâce à la réduction drastique des frottements. La phase de décollage exige en revanche une puissance explosive importante. Sur longue distance, le SUP foil se révèle plus efficient, mais demande une concentration mentale constante pour maintenir l'équilibre et l'altitude optimale. La fatigue se déplace du système cardio-vasculaire vers le système nerveux et les muscles stabilisateurs profonds.
Quelles sont les principales différences avec les autres supports à foil ?
Contrairement au windsurf ou kitesurf foil qui utilisent une voile pour la propulsion, le SUP foil repose exclusivement sur la pagaie ou la houle naturelle. Cette autonomie énergétique impose des compromis différents en termes de poids, de surface de foil et de design de planche. Le SUP foil partage néanmoins avec ces disciplines la nécessité d'une lecture fine des conditions et d'un placement corporel millimétré. Les compétences se transfèrent partiellement entre tous les sports de glisse aquatique.
Cette technologie peut-elle vraiment s'appliquer à une course transatlantique ?
Les verrous techniques restent nombreux : autonomie énergétique, gestion météorologique, sécurité en cas d'incident mécanique, résistance physiologique du navigateur. Des raids côtiers de plusieurs jours ont déjà été réalisés avec succès, prouvant la faisabilité du concept sur distances intermédiaires. L'extrapolation vers 3500 milles nautiques nécessiterait des ruptures technologiques majeures et probablement une assistance maritime rapprochée. Notre expertise en innovation sportive nous permet d'identifier ces défis et d'accompagner les acteurs vers des solutions viables.
